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Depuis 2024, le Département a lancé un appel à projets « Soutien au développement de l’apprentissage dans les établissements sociaux et médico-sociaux (ESMS) landais. Il apporte une dotation de 11 903 € en moyenne par dossier. Dans ce cadre, 20 apprentis ont pu être recrutés.

En BTS SP3S 1, Julien PIGNEUX, fait partie de ceux-ci. En reconversion professionnelle, il souhaite devenir référent de secteur après l’obtention du BTS SP3S. Depuis septembre 2025, il effectue son alternance au CIAS Mont-de-Marsan Agglo sous la direction de Mme LAMON, directrice du pôle Domicile et de Mme ESCROIGNARD, référente Qualité. Ce partenariat, lycée Ch. DESPIAU/CIAS du Marsan a été rendu possible grâce à l’intervention de Mme  DHAILLY Conseillère en formation professionnelle au GRETA CFA.

Le 21 avril 2026, lors de la conférence annuelle de l’attractivité des métiers de l’accompagnement au cinéma de Pontonx-sur-Adour, ils nous ont fait part de leur expérience à travers l’interview réalisée par Mme LASSOUREILLE, référente Animation Territoire du Département des Landes.

Julien alternant BTS SP3S : « Je suis en reconversion professionnelle. Grâce à l’apprentissage, j’ai pu commencer une formation de BTS SP3S avec les lycéens à Mont-de-Marsan. Dans l’avenir, je souhaite devenir référent de secteur. J’ai eu la chance de pouvoir rencontrer le CIAS de Mont-de-Marsan pour pouvoir faire ce diplôme. Le parcours a été simple : j’ai fait des immersions dans différents CIAS. Le CIAS Mont Marsan m’a accepté comme apprenti et Mme DHAILLY, du GRETA m’a aidé pour entrer dans la formation.

La formation est intense d’autant plus que je suis en formation mixte. Les autres élèves sont en formation continue, je suis le seul alternant. C’est intense mais je suis motivé et c’est un choix de vie ! »

Myriam DHALLY GRETA-CFA :

Quelle valeur ajoutée de l’apprentissage notamment dans les établissements sanitaires et sociaux ?

« L’accompagnement par des maîtres d’apprentissage : Accompagner pour inclure  au plus vite dans le cadre de responsabilités parce que  l’apprenti qui est souvent compté dans les effectifs se sent en responsabilité rapidement. Au vu des retours, plus rapidement qu’un apprenant de la formation continue qui est en stage.

Et ensuite, cela favorise bien évidemment une insertion professionnelle rapide voire immédiate, souvent avant la fin du parcours d’apprentissage. Les apprentis réussissent à valoriser des potentialités sur le temps long avec un employeur qui identifie lui aussi les potentialités et la valeur ajoutée du jeune ou du moins jeune à inclure dans son établissement social  ou médico-social. »

Mme ESCROIGNARD CIAS :

Qu’est-ce que tu dirais sur cette mesure de tutorat ?

« En tant que tutrice avec la directrice du pôle domicile, on a essayé de s’ attacher à accueillir Julien le mieux possible. Lui faire découvrir l’environnement dans lequel il va être plongé pendant 2 années :  découvrir le service dans lequel il est affecté le SAAD aide , les autres services du pôle domicile (SSIAD, portage des repas, équipe spécialisée Alzheimer) avec comme objectif de comprendre qu’il existe une transversalité entre les différents services ; c’était important pour lui en tant que futur référent du secteur.

Au-delà de l’accueil, nous avons favorisé son intégration via un parcours d’intégration avec différents points d’étapes : la découverte des différents services, du logiciel métier avec des formations dont il a pu bénéficier avec l’Agence Landaise pour l’Informatique.  Après, il a été plutôt sur le terrain avec les référents de secteur notamment sur des visites à domicile pour avoir la mesure de son poste au niveau des usagers. Il a pu également assister à des réunions de secteur pour faire connaissance des équipes de terrain, des aides à domicile.

Depuis quelques années, les postes de référents de secteur seront aussi sous tension et on a aussi des départs en retraite. Donc cela a été une opportunité de faire appel à ce dispositif d’apprentissage.

Dans le métier de référent de secteur, il y a un panel d’activités qui sont très complémentaires et très différentes : une bonne part d’administratif, une bonne part de relationnel via les usagers et une bonne part d’encadrement avec les aides à domicile. Julien est à la fois sur le SAAD Aide, la première année, avec une mission plutôt de gestion de projet et sur la migration du logiciel métier. On a changé notre logiciel informatique et donc il est chargé de mettre en place les prérequis dans le cas de la migration et d’assurer l’après migration. Il sera un renfort auprès des référents secteurs. Durant sa 2nde année, il sera complètement dévolu sur le SAAD aide pour le préparer au mieux à sa future prise de poste en tant que référent du secteur. »

Comment on gère l’alternance au sein de l’entreprise ? Quels conseils peux- tu nous donner pour rentrer dans l’apprentissage ?

« Très vite on s’est mis en contact avec l’équipe pédagogique du lycée Charles Despiau pour faire un point sur le référentiel, avec à la fois toutes les compétences qu’il doit développer et comment les relier avec la pratique afin qu’il soit sur des missions qui vont venir construire petit à petit son métier de référent de secteur.

C’est vrai qu’il faut de la disponibilité notamment au départ pour poser les règles. Julien est un renfort pour les référents de secteur mais il est aussi là pour apprendre. Cette l’alternance ne peut pas se faire sans le reste de l’équipe du service. Chacun est missionné en fonction de ses compétences. Julien a pu suivre différentes collègues. Et ensuite, ce sont des points d’étape que l’on fait et des points qui ne sont pas du tout formels entre nous, dès qu’il rencontre la moindre difficulté ou le moindre questionnement. Sa perception  nous a  aussi permis d’avoir une vision différentes sur nos pratiques ; ça fait toujours du bien. Mais c’est vrai que Julien a un parcours atypique. Très vite on sent la progression : on passe d’une phase d’observation qui a pris quelques mois à un travail en autonomie »

Myriam DHALLY GRETA-CFA :

Quels développement et possibilités de développement de l’apprentissage dans les structures médico-sociales et sociales ?

Ce qui est intéressant avec l’alternance c’est qu’elle peut être adossée à des mesures préalables à alternance avec l’AFEST et la POEI.

Ce qui est intéressant dans un département comme celui des Landes c’est qu’il favorise le dispositif départ des jeunes ou moins jeunes en alternance, considérant tout de même qu’il peut outre le paiement du co-contrat par l’OPCO et le CNFPT prendre en charge à hauteur de 70% de la rémunération du jeune donc c’est quand même une plus-value . Et c’est assez rare dans les départements pour être souligné ! Le Conseil départemental des Landes fait cet effort-là. Il serait dommage en tant qu’établissement et association de passer à côté de ce dispositif qui permet à la fois aux établissements de permettre de pallier des tensions sur certains métiers sociaux et médico-sociaux, quasiment tous, et de permettre aux jeunes et en tout cas aux résidents du département des Landes d’y rester pour des raisons de culture, d’attachement à leur département et aussi pour des raisons financières.

Je ne vois aucun frein à la démarche et au recrutement d’un ou d’une apprenti dans les établissements sociaux et médico sociaux. »